Avoir eu cette autre adresse mail a été pour moi comme un nouveau jouet, avec lequel je me suis amusée tout l'après midi. D'abord, j'ai envoyé des e. mails à mes amis, qui pour certains, m'ont répondu dans l'heure, surpris de me voir sur le Net, et en plus avec un drôle de nom. Puis, Il y en a un... qui répond... déçu par mon comportement. J'étais pour lui le dernier bastion de résistance qu'il appréciait et qu'il était fier de bien connaitre.
Presque plus personne ne résiste de nos jours. La mienne de résistance n'a rien de glorieux mais pour cet ami elle semblait élaborée, fruit d'une réflexion construite avec un discours qui tient debout. Pour lui, un peu comparable au comportement de beaucoup des gens dans les années 70, des intellos ou pseudo - intellos post 68, qui refusaient d'avoir la télé chez eux sous prétexte qu'elle était aliénante. Mon ami avait l'air de beaucoup affectionner cette époque; il était nostalgique d'un temps qu'il n'avait pas vraiment connu, mais dont il partageait encore certains idéaux. Moi, enfant de cette époque, j'ai connu d'autres enfants qui ne regardaient la télé que quand ils allaient chez leurs copains, ce qui pour moi était incompréhensible. Chez moi, la télé est arrivée très vite, parce qu'on y voyait une source d'enrichissement culturel et aussi parce que mon père, journaliste et homme de communication, pensait qu'il était naturel de profiter de ce média, devenu par la force des choses, l'un de ses lieux de travail.
Cette résistance a tenu, pour plus de gens que l'on pourrait croire, jusqu'au début des années 80. C'est à partir de là que résister à la télévision devient complètement ringard. Plus rien ne se fait en dehors d'elle, à tel point que la société a beaucoup de mal à se penser sans elle. Nous sommes, en deux décennies, devenus des consommateurs aguerris, et avons besoin des stimuli que la télé envoie dans nos cerveaux de sapiens-sapiens addicts. Sans oublier, que dans ce lot de résistants, beaucoup dentre eux l'ont aussi fait par snobisme, sans idéologie particulière. Juste pour ne pas faire comme les autres, pour se démarquer de la "masse consentante". Ce n'est pas mon cas, j'aime communiquer, j'ai un téléphone portable depuis dix ans, un fax, un ordinateur portable, j'ai eu un Tam Tam, oui,oui
, mais Internet a du mal à rentrer dans ma vie de tous les jours. Il est vrai: j'ai résisté et je résiste ( mais pas trop ), d'une façon moins radicale que celle de nos aïeux baba-cool 68tards, soit, à une époque où résister ne nous viendrait quasiment plus à l'esprit, encore moins, résister à Internet. Quelle idée!
♥
C'est avec la nouvelle adresse que Vengencebrune est allée sur le site de photographies dans lequel Mon Ex expose depuis plus d'un an. En réalité elle revient sur ce site qu'elle "fréquente", pour ainsi dire, il y a quelques semaines déjà. C'est comme ça, en y allant à contre coeur, les mains moites et tremblantes, parfois avec des nausées à vous donner le tournis, que j'ai appris qu'il avait trouvé une autrichienne sur son forum, devenue fan N° 1, inconditionnelle. Elle fait un peu plus âgée que sa fille aînée et par dessus le marché parait très belle, "comme la femme d'un autre", dirait Paul Morand.
Leurs échanges sur leurs forums sont remarquables de flatteries, de compliments, d'éloges, de comparaisons avec le travail des plus GRANDS. Et, vas-y qu'ils se comparent à Cartier - Bresson, à Doisneau, et j'en passe, alors qu'ils sont tous, là - dedans, photographes du dimanche, plus amateurs, tu meurs. C'est à vomir
!!! D'ailleurs beaucoup de leurs conversations enflammées ont eu lieu pendant que j'étais très malade et occupée à vomir mes entrailles après mes cures de chimiothérapie. Et en plus, préoccupée de le lui cacher pour ne pas qu'il s'inquiète!
Quelle idiote!